À fleur de peau (partie I)

J’aurai parcouru le monde entier pour te retrouver.

Je presse le pas et je crois que, comme ça, je gagne du temps. 

Heure de pointe: je me sens comme une sardine dans le bus. On s’entasse et je m’écrase —contre toi. 

Tout va et tout vient, les paysages défilent. Tout passe et je sens que je m’efface. Tes bras m’enlacent, tu me retiens. Tu me dis au creux de l’oreille “ne pars pas, reste encore un peu”. Mon cœur s’emballe. Il cogne contre ma poitrine, il explose comme une bombe.  Je tombe et tu me relèves. 

Crépuscule. 

Le soleil se couche sous mes paupières. Tes yeux sont remplis d’étoiles, ils brillent et les miens s’éteignent doucement. Tu me regardes et tu dis: “tu es belle”. Je ris et mes yeux se ferment comme des coquilles vides. Je te vois. Les yeux fermés, tu es toujours là.  

Ton corps s’étire vers le mien, il s’allonge, il m’attire comme un aimant. Tu caresses ma main, mes doigts se perdent entre les tiens. Tu dis: “je veux me souvenir de chaque détail de ta peau”.  Je trouve ça beau.  J’ai des étincelles dans le ventre. Je crépite, je brûle.  Je dis: “ton cœur est un océan dans lequel je veux noyer ma douleur” et je pleure parce que je n’ai plus peur. Ni de la profondeur de ton âme, ni des vagues, ni de la tempête. Alors tu m’emportes, tu me portes jusqu’à l’aube. 

Je me réveille sur une plage dorée. Tu n’es plus à mes côtés. Et je pense: “le temps vient et le temps passe”. Je regarde vers l’horizon et déjà tout n’est plus.

Ni toi, ni moi. 

— Tumtitu 


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